Présentation du projet

Le marché des produits biologiques est en plein essor avec un chiffre d’affaires évalué en 2009 à 2.4 milliards d’euros et une croissance annuelle de 10%. Cet essor devrait s’amplifier compte tenu des engagements pris lors du Grenelle de l’environnement et de l’engouement suscité autour des produits biologiques. Ces derniers sont en effet, de plus en plus plébiscités par les consommateurs souhaitant répondre à leurs préoccupations environnementales à travers leur acte d’achat alimentaire. Le dernier baromètre CSA de l’Agence Bio publié en 2008 montre que 77% d’entre eux estiment que l’agriculture biologique est une voie d’avenir face aux problèmes environnementaux.

Dans ce contexte de fort développement, les acteurs des filières biologiques souhaitent disposer d’éléments fiables et scientifiquement établis afin de continuer à promouvoir l’agriculture biologique comme un mode de production exemplaire et durable.

Contexte et objectifs du projet

On estime que les produits alimentaires sont responsables de 20 à 30% des impacts environnementaux des produits de consommation, eux-mêmes associés à des enjeux écologiques majeurs tels que par exemple 50% des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Un des axes d’amélioration promus par les instances publiques et de plus en plus prisé par les consommateurs réside dans le développement de l’agriculture biologique.

Or, si un certain nombre d’études, pour la plupart réalisées en Europe du Nord, démontrent le bénéfice environnemental des modes de production biologique lorsque l’on raisonne par hectare cultivé, les résultats concernant le bénéfice ramené à une unité produite (par exemple une tomate, 100g de poulet, etc.), calculés selon la méthodologie de l’analyse de cycle de vie (ACV), sont beaucoup plus hétérogènes. Dès lors, deux questions se posent :

  • d’une part, les résultats de ces études ACV européennes peuvent-ils s’appliquer au contexte français, comme cela est fait aujourd’hui (en l’absence d’autres données) ?
  • d’autre part, est-il pertinent - comme les études réalisées jusque le font - de chercher à comparer les impacts environnementaux de deux masses égales d’un même produit, bio ou non bio, pour évaluer les impacts et les bénéfices de cette filière ? On peut en effet supposer que le comportement alimentaire du « consommateur bio » diffère sensiblement du comportement moyen français, en termes de choix et de quantité de produits consommés (plus de céréales, moins de viande, etc.). Qu’en est-il du positionnement de la filière bio si on raisonne ainsi en comparant les impacts environnementaux du « panier annuel du consommateur bio » sur le cycle de vie des produits le constituant, par rapport au panier annuel moyen français ?

C’est à ces deux questions que les partenaires du présent projet (BIO Intelligence Service, UR INRA-ALISS, Synabio, Casino, Triballat, La Vie Claire, Pronatura et BIOCOOP) se proposent de répondre.